Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 16:13

Que s'est-il vraiment passé?

 

 

  L’accord entre socialistes et écologistes a été longuement commenté et pas toujours de façon positive. Le volet électoral, très avantageux pour nos partenaires, a suscité, ici et là, des réactions légitimes ou au moins compréhensibles, qu’il faut entendre. Et « l’accord sur les désaccords » – sur l’EPR de Flamanville et ipso facto sur l’avenir du nucléaire – a besoin de décryptage. Enfin, l’ambiguïté de la rédaction du paragraphe sur le retraitement des déchets et sur la filière MOX – ou plutôt les interprétations auxquelles il a donné lieu – ont suscité une période de tension. Il serait vain de nier tout cela, qui est au demeurant classique : les accords entre formations politiques différentes ne se font jamais sans anicroches, sans heurts, sans bruit en tout cas.

François Hollande a, de bout en bout, été cohérent dans cette affaire et il en sera au final crédité.

Il a, tout d’abord, souhaité l’accord avec les écologistes. Alors que la droite républicaine se réduit à l’UMP, alors que le Président sortant, s’il relève la tête, reste dans un grand état de faiblesse, l’union de la gauche et des Verts annonce une perspective et constitue un atout.

Elle ouvre aussi de nouveaux champs, ceux d’un autre modèle de développement, moins prédateur, plus respectueux de la nature, attaché au développement durable. C’est pourquoi, la négociation gagnait à être menée à bien. Encore fallait-il que le prix en soit raisonnable et non exorbitant.

François Hollande a donc fixé des principes et il s’y est tenu. Il a fait preuve de clarté et de fermeté, montrant à la fois sa volonté d’un changement du « mix énergétique » et son attachement à l’industrie française.

Pour rappel, en matière énergétique, il est favorable à l’évolution de l’offre française, pas à l’abandon de notre ambition nucléaire.

Les Primaires, ont tranché la position des socialistes sur la question du nucléaire, très présente dans ce débat. François Hollande avait dit, de façon nette, qu’il était favorable à une véritable, à une ambitieuse transition énergétique. C’était le sens de sa proposition de passer de 75 % d’électricité d’origine nucléaire dans la production totale à 50 %, d’ici à 2025. Il s’agit là d’un effort considérable, comparable à celui que fait l’Allemagne.

Il a aussi promis la fermeture de la centrale de Fessenheim et refusé la construction du deuxième EPR à Penly. Il est donc absurde, infondé, injuste de le présenter comme un productiviste à l’ancienne, entouré de tenants du tout nucléaire, arrogants et archaïques.

Mais, il a également pris position contre la sortie du nucléaire, considérant que cette énergie restait, pour des décennies à tout le moins, une source d’indépendance pour la France, une capacité exportatrice puissante, un facteur de baisse des coûts, enfin une filière créatrice d’emplois. Bref, en matière énergétique, il est favorable à l’évolution de l’offre française, pas à l’abandon de notre ambition nucléaire.

A aucun moment, François Hollande n’a cédé aux injonctions qui lui étaient faites de renoncer, pour parvenir à l’accord politique avec les écologistes, à ses convictions. Il a donc annoncé, sur France 2, que se ferait, s’il était élu, le premier EPR, celui de Flamanville, sauf bien sûr si se présentaient des motifs de sécurité contraires. Cette position s’est imposée, même si les écologistes conservent un avis différent, elle sera présente dans le débat présidentiel et tranchée par les électeurs au premier tour.

Est venu, ensuite, le différend sur le MOX et le retraitement. Il fallait, là-dessus, adopter une position compréhensible et, là encore, cohérente, ce qui n’allait pas de soi. Dès lors que la production d’électricité d’origine nucléaire, même à un niveau moindre, se poursuit, il était nécessaire de disposer d’un combustible adapté et d’une capacité de retraitement.

C’est pourquoi, il était impossible de renoncer de façon subreptice au nucléaire, à Marcoule, à la Hague, à la filière Mox, comme certains écologistes l’ont laissé entendre. Il fallait entendre les inquiétudes des salariés, de leurs syndicats, écouter les responsables des entreprises concernées, à commencer par AREVA : s’il n’est pas question de leur céder, il est légitime de prendre en compte tous les points de vue qui concourent à la défense et à la promotion de l’emploi, dans une période aussi marquée par le chômage de masse.

La rectification nécessaire a été faite. Cet épisode est maintenant derrière nous. Aujourd’hui, nous devons travailler à la perspective d’un gouvernement commun de la gauche et des écologistes, la promesse de notre unité au second tour de la Présidentielle et des Législatives, ainsi que la solidité de notre candidat au milieu d’une négociation qui concernait, au premier chef, les partis.

 

Fédération du Finistère du Parti Socialiste

 

 

Par Section PS du canton de Saint Thégonnec - Publié dans : Elections Présidentielles
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