Elections européennes

Mercredi 20 mai 2009



Andrew Lincoln et Isabelle Thomas candidats aux élections européennes

QUATRE CRISES ET UNE ÉLECTION:

LES ENJEUX DES EUROPÉENNES 2009

 

Le moment est préoccupant. Le monde est en mutation rapide. Une partie importante des réponses justes et durables à ce tournant historique passe par la mise en œuvre de politiques sociale-démocrates au niveau européen. Et, pourtant, en France, selon les sondages, l’abstention aux élections européennes risque de dépasser son triste record de 2004 (57%) et l’UMP arrivera en tête.

Seule une campagne efficace de notre part peut inverser cette situation. Nous devons partir du vécu de chacun afin de démontrer que notre manifeste « Citoyens d’abord : Un nouveau sens pour l’Europe » présente un projet cohérent pour l’avenir et qu’une majorité de gauche au Parlement européen construite autour du Parti socialiste européen peut apporter des améliorations concrètes dans la vie de chaque citoyen européen.

Tous nos concitoyens ont en tête le film des événements de 2008 : la première partie de l’année est marquée par des signes clairs d’une rupture potentielle de nos rapports avec l’environnement - baril de pétrole à $150 ; pénurie de produits alimentaires de base, émeutes de la faim et flambée des prix ; accélération dans le réchauffement du climat. C’est la crise écologique qui annonce l’avenir de notre planète si nous relançons le même modèle d’économie.

Suit la faillite de Lehman Brothers en septembre et la plongée de l’économie mondiale dans la pire dépression que nous ayons connue depuis les années 1930. C’est la crise socio-économique qui éclaire l’histoire des trente dernières années et le retour à une économie de marché dérégulée. Nous en connaissons les conséquences : explosion des inégalités de revenus et de patrimoines, pillage des entreprises par les actionnaires, endettement croissant des ménages, spirale spéculative.

Face à ces deux crises, l’Europe semble désarmée : opinions publiques en froid avec le projet européen, Commission devenue invisible, politique européenne réduite à sa dimension intergouvernementale. C’est la crise politique qui souligne les retards et les manquements dans la construction politique de l’Europe. Elle débouche logiquement sur un plan de relance sous-dimensionné qui n’est que l’addition de vingt-sept plans de relance nationaux. Elle est aggravée par les nouvelles épreuves auxquelles la solidité de l’Union est confrontée: fuite des capitaux de l’Europe centrale et méfiance croissante des marchés financiers concernant la solvabilité de certains États-membres.

Enfin, chacun peut voir que la période de l’histoire où les États-Unis avaient le statut de seule et unique hyper-puissance du monde s’achève et que nous allons vers un monde multipolaire dont la stabilité, la paix et l’équité sont loin d’être assurées. C’est la crise géopolitique qui ajoute une dimension internationale à la crise politique européenne.

À ces quatre crises nous avons des réponses dont l’élaboration collective (un manifeste pour vingt-sept pays) souligne le sérieux et l’ambition politique.

Nous voulons relancer la construction politique de l’Europe et avec elle l’esprit communautaire en imposant clairement la responsabilité de la Commission devant le Parlement européen, seule institution européenne issue du suffrage universel direct. La capacité de ces deux institutions à intervenir demande aussi que nous leur accordions plus de pouvoirs, dans le domaine fiscal par exemple, et plus de moyens budgétaires.

Après avoir combattu sans cesse, pendant la dernière législature, la dérégulation et le capitalisme productiviste dévoreur des ressources naturelles soutenus par les droites européennes, nous proposons d’utiliser un plan de relance européen pour engager une double mutation vers un modèle de développement plus juste (harmonisation sociale vers le haut, reconnaissance du rôle des services publics, régulation sévère du secteur financier) et plus durable (consommation de moins d’énergie, utilisation de plus d’énergies renouvelables, production de beaucoup moins de gaz à effet de serre).

Enfin, nous soutenons l’idée d’une Europe-puissance qui agisse comme force médiatrice capable de favoriser la coopération plutôt que le conflit. Elle doit protéger ses citoyens tout en contribuant à l’émergence d’un nouveau monde multipolaire basé sur le respect de chacun et la partage des richesses.

Notre message politique à nos concitoyens est simple : il ne faut pas confondre l’Europe et ses institutions et l’usage dont en a fait la droite ces cinq dernières années. L’Europe est la bonne échelle pour réguler le capitalisme et sortir de la crise actuelle par le haut, à condition que nous lui accordions les moyens pour agir et qu’elle soit pilotée par une majorité de gauche. La participation aux élections doit être massive pour donner au Parlement la légitimité populaire qui lui sera nécessaire pour s’imposer, face aux États-membres gouvernés à droite, dans le jeu institutionnel européen.

 

Andrew Lincoln

 

 

Par Section PS du canton de Saint Thégonnec
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Mercredi 20 mai 2009


Résumé Manifeste 390 mots




Citoyens d’abord

Un nouveau sens pour l’Europe


Lors des élections européennes de 2009, le vote de chaque citoyen sera décisif. Face à des défis sans précédent, les citoyens européens devront choisir entre une Union européenne progressiste, dans laquelle les Etats membres travaillent ensemble et dans l’intérêt des Européens, et une Europe conservatrice qui abandonne l’avenir de nos pays et de leurs citoyens aux mains du marché.

Le Parti socialiste européen, lui, s’engage à créer une société plus juste et plus protectrice, en disant :

« les citoyens d’abord ». Une coopération plus intense et plus efficace en Europe permettra de relever les défis et d’améliorer la vie des citoyens. Nous nous engageons à :

 1. Relancer l'économie et éviter le retour des crises financières

 2. Faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale

 3. Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique

 4. Parvenir à l'égalité des sexes en Europe

 5. Donner à l’Europe une politique d’immigration pour le progrès

 6. Faire de l'Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement

Nous proposons 71 actions concrètes, parmi lesquelles :

 ‐ Une croissance écologique et innovante qui créera 10 millions d’emplois nouveaux

 ‐ Une nouvelle régulation des marchés financiers s’appliquant à tous les acteurs financiers

 ‐ La réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les industries telles que le transport et la construction

 ‐ Un Accord européen sur les salaires garantissant un salaire minimum décent dans tous les Etats membres

 ‐ L’intensification de la lutte contre le trafic de femmes et d’enfants à des fins d’exploitation

sexuelle.

Notre plan de réformes progressistes apportera le changement que les citoyens attendent d’urgence.

Dire « les citoyens d’abord », c’est aussi créer des emplois.


Pour mener ces réformes, nous avons besoin d’une forte majorité de gauche au Parlement européen. Avec les partis socialistes, sociaux‐démocrates, travaillistes et démocrates progressistes d’Europe, nous proposons de créer cette majorité, afin de défendre vos intérêts et soutenir vos causes.


Avec nos valeurs communes et une même vision politique, nous travaillerons ensemble à une Europe plus juste, plus sûre et plus respectueuse de l’environnement. Rassemblés, nous sommes une force pour le changement.


Nous pouvons construire une société plus juste en disant : « les citoyens d'abord ».

En juin 2009, donnons un nouveau sens à l'Europe.

Par Section PS du canton de Saint Thégonnec
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Mercredi 20 mai 2009


 


Aimer l’Europe, c’est vouloir la changer.

Quelques jours avant le grand meeting de la circonscription Ouest, à Rezé, le 27 mai, Martine Aubry rappelle l’enjeu des élections du 7 juin.

Cap Finistère : Comment juges-tu la mobilisation du Parti Socialiste pour ces élections européennes ?

Martine Aubry : Le contexte est difficile car la droite refuse d’avoir un débat politique sur ces élections. Les médias ont très peu de parlé de la campagne électorale jusqu’à ce que le président de la République commence à parler d’Europe.

En réalité, l’UMP cherche à dissimuler son bilan, avec ses alliés de droite majoritaire au Conseil Européen comme au Parlement.

Il faut expliquer aux Français que cette Europe libérale, qu’ils ont contestée en votant non au référendum, cette Europe libérale dont ils se méfient, ce n’est pas la nôtre.

Ce n’est pas nous qui avons voulu une directive sur la durée du travail qui peut aller jusqu’à 65 heures par semaine. Ce n’est pas nous qui avons proposé la directive Bolkestein, et sans les socialistes européens, elle serait passée.

Ce n’est pas nous qui n’avons pas réussi à faire un plan coordonné de relance contre la crise. Quand Nicolas Sarkozy a voulu en faire un au niveau européen, on lui a dit : faites-en d’abord un en France, et après, vous nous donnerez des leçons.

La campagne est désormais dans une seconde phase. La première nous imposait de relier l’UMP, le PPE et les politiques libérales et de dérégulations. Nous étions donc essentiellement dans la critique et la sanction. Maintenant que le débat européen peut s’engager, nous devons démontrer que le vote socialiste est le vote efficace, non seulement pour sanctionner, mais pour changer l’Europe.

Je trouve les militants du Parti mobilisés. Mobilisés nombreux dans la rue le 1er mai mais aussi lors des grandes journées de mobilisation syndicale. Et mobilisé dans le porte-à-porte, dans les réunions d’appartement pour défendre notre vision d’une Europe protectrice et porteuse de progrès social.

Cap Finistère : En quoi l’élection du 7 juin est-elle si importante ?

Martine Aubry : Le 7 juin, nous pouvons changer la majorité, et le lendemain, dire à Barroso : va-t-en avec tes idées libérales, car nous ne voulons plus de ce système qui à conduit nos pays dans la crise. Le rôle du parlement, et donc de sa majorité, sera renforcé après ces élections. C’est lui qui choisira le futur président de la Commission.

Jamais les socialistes et les sociaux-démocrates européens n’ont été aussi unis. Nous sommes unis sur un programme, le Manifesto, et demain nous serons unis pour faire vivre une majorité de gauche au Parlement.

Cap Finistère : Quel message souhaites-tu adresser aux électeurs tentés par l’abstention, ou le vote pour d’autres listes de gauche ?

Martine Aubry : Nicolas Sarkozy, tout comme les leaders des droites européennes, n’ont pas compris les leçons de la crise. Ils nous font des discours, nous expliquent que quand on veut on peut mais eux ne veulent rien changer ! Ils ont fait ce système des parachutes dorés, des inégalités salariales, de la finance qui prend le pas sur l’économie réelle.

Je dis aux électeurs, surtout à ceux de gauche, à ceux qui sentent que, et la méthode, et la politique de Nicolas Sarkozy mettent en danger notre contrat social, de ne pas lui faire le cadeau de ne pas aller voter. S’abstenir, le 7 juin c’est lui donner un passeport, dès le 8 juin au matin, pour continuer à déréguler, déconstruire, abîmer.

A ceux qui sont tentés de faire passer un message non seulement à Nicolas Sarkozy mais aussi à nous, socialistes, je leur dis de ne pas oublier que l’Europe ne peut agir, qu’elle ne peut changer les choses dans un sens positif sans une majorité de gauche. Cette majorité, seul le Parti Socialiste Européen peut la construire.

Je leur dis qu’aujourd’hui aimer l’Europe, c’est vouloir la changer. Alors, changeons là ensemble.

 

Par Section PS du canton de Saint Thégonnec
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